11 mars 2008

J'ose

Ce soir-là, j'étais venue avec lui. Je l'avais entraîné hors de son territoire, à l'autre bout de Paris. Je me demandais ce qu'il pensait, à ce moment-là. Quant à moi, je regardais la lumière passer à travers du demi de bière que j'avais posé sur la table. J'écoutais Gédéon égréner les paroles du Tango du Vélo, que je commence à connaître par coeur.

Si tu ne veux pas avoir des points d'suture
N'abime surtout pas mon vélo.

Et sa main posée légèrement sur mon bras a soudain ranimé l'envie d'écrire que j'avais enfouie ces derniers mois. J'ai eu l'impression que la peinture métallisée que j'avais mis tant de temps à mettre sur mon coeur était en train de partir en écailles. Mon stylo s'est emballé sur le bout de papier froissé que j'ai fièvreusement tiré de mon sac sous le regard circonspect de Gédéon qui, un oeil sur son texte, un oeil en ma direction, devait se demander ce que j'allais encore raconter.

Alors, mon cher Gédéon, et vous, les cogédéonistes de talent, pardonnez-moi, car vous n'êtes pas au coeur de ce que je dois écrire ce soir. Mais je crois que vous m'en tiendrez pas rigueur

Allez, parce que j'adore ce que vous faites, hop, un petit lien pour donner envie à ceux qui n'ont pas encore osé venir vous voir.

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14 juillet 2007

Attention, l'abus de 14 juillet peut être nocif pour la santé

Il y avait un je-ne-sais-quoi de bizarre aujourd'hui dans les rues de Paris. On y pouvait y croiser un embouteillage de chevaux avenue Franklin Roosevelt


une femme qui étreignait un arbre comme si c'était son premier amour







des hommes qui décidaient que monter à vélo était plus intéressant en se mettant debout sur la selle



des personnes âgées qui monopolisaient les jeux d'enfant



Allez, musique!
(mode d'emploi: on clique 2 fois puis on se délecte avec cette génialissime interprétation par Django et Stéphane Grappelli!)

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07 juillet 2007

Pétage de plomb(s)

Bon, disons qu'il est tard. Que j'ai un peu trop fait de chteumeuleu ce vendredi soir. Que du coup vous ne me tiendrez pas trop rigueur de cette digression d'un aloi fort peu qualifiable.
Parce que je vais revendiquer tout de suite une playlist catastrophique. C'est vraiment très très nul, mais il y a des moments où un rien me fait rire.
C'est un choix de vie, comme dirait l'autre.

Allez hop, on clique! Cadeau de la maison!

Et n'oubliez pas: tic et tic et toc et tic et tac et tic pif pouf.

Voilà, ça c'est fait

(Je songe désormais à me cacher les quelques prochaines années... )

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01 juillet 2007

Recette musicale

Grosse pression. On m'attend au tournant, j'en suis sûre. Forcément, j'aurais dû être un peu plus maligne et ne pas me mettre au 1er rang. Planquer mon carnet sur lequel je n'ai pu m'empêcher de grifonner à la hâte quelques impressions imprécises.
Mais bon, à quoi bon gacher son plaisir! Car, j'avoue, j'ai récidivé mon petit rendez-vous trimestriel avec le plaisir.
Je vous vois d'ici vous dire que trimestriel, franchement, ce n'est pas assez, et qu'une fille comme moi devrait pouvoir faire des efforts.
Et puis, attendez, je prends des notes pendant que je prends du plaisir? décidément, je dois être quelqu'un d'étrange, de pas toujours fréquentable.
Mais, le fait est que ce plaisir-là ne dépend pas de moi, mais de deux garçons et d'une fille. Ouh, mais c'est qu'elle est gourmande, dites-moi...

Comment ça, vous ne saviez pas que la musique c'est toujours meilleur à plusieurs?

Alors laissez-moi vous expliquer.
Prenons un trio à cordes - un violon, un violoncelle et une guitare - qui devient quatuor quand Philippe use de ses cordes vocales.
Laissons-les mariner quelques minutes en attendant que tout le monde s'installe, puis mettons-les à feu très doux afin que les arômes puissent s'exprimer.
Egrenons les influences multiples, notamment celles de Monsieur Georges Brassens, qui reste la référence de Gédéon Picot dans ses thèmes, mais aussi sa discrétion et la fausse facilité de son rythme. Il ne manque que des moustaches à notre chanteur pour parfaire le tableau.
Ajoutons quelques touches d'humour. "Et voilà", comme dirait notre chanteur, pour clore l'introduction de ses chansons.
Suggestion de présentation: une atmosphère chaleureuse, un petit café du 11ème qui a su pousser les tables, et quelques mousses, et nous avons la recette incroyable d'un beau début de soirée.

Savourer sans se presser.

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01 avril 2007

Jolie découverte

Fin d'après-midi complètement surréaliste dans un petit café du 20ème: le Gobe-Lune.
Belle découverte d'un lieu où les voix gouailleuses se mélangent à l'entrechoc des verres et à la rengaine poussée par l'accordéon. Une jeune femme juchée sur un tabouret haut lance ses dés en rythme avec la musique. La porte s'ouvre en grinçant légèrement, les gens se poussent pour se faire de la place sur les banquettes en moleskine, on se passe les cendriers. On a l'impression d'être dans un film, sauf qu'il ne s'agit pas d'un film.

Alors forcément, l'accordéoniste traîne un peu, renacle à laisser la place. On le comprend, on en profite pour prendre un verre.

Puis j'ai découvert un jeune groupe, Gédéon Picot, qui essaye de redonner ses lettres de noblesse à la chanson française: un texte, un vrai, où on ne fait pas rimer "puisque tu n'étais plus là" avec "j'ai fini tout le Nutella", des musiciens qui jouent avec leur instrument et qui ne font pas qu'enchaîner des notes.

Certes, il y a des fois où l'on aimerait entendre la voix du chanteur plus distinctement, empêcher le violoniste de se planquer et à dire à la violoncelliste de se lâcher un peu, mais déjà là, la magie opère, on croit aux morceaux et on attend les prochains avec impatience...

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